Se chauffer au fioul : jusqu’à quand et quelles alternatives ?
Comment économiser de l'énergie ?
Publié le 20/01/2026 à 12h20
Se chauffer au fioul reste possible aujourd’hui, mais la place de cette énergie recule sous l’effet des prix, des contraintes environnementales et des aides aux alternatives. Les ménages gardent une certaine marge de manœuvre, à condition d’anticiper la fin annoncée des chaudières au fioul 100% fossile et de préparer un projet de remplacement adapté à leur logement et à leur budget.
A retenir
- Le chauffage au fioul reste autorisé dans les chaudières existantes après 2028, mais l’installation de nouvelles chaudières au fioul 100% fossile est interdite depuis 2022, sauf rares dérogations techniques.
- Près de 2.6 millions de maisons individuelles et plusieurs centaines de milliers de logements collectifs utilisent encore le fioul, mais la consommation nationale recule chaque année sous l’effet des rénovations et du passage aux PAC et au bois.
- Les principales alternatives sont la pompe à chaleur, la chaudière à granulés de bois et le biofioul, choisies en fonction de l’isolation, de la configuration du logement, du climat et du budget travaux.
Sera-t-il toujours possible de se chauffer au fioul après 2028 ?
Le fioul 100% fossile n’est pas interdit à une date unique pour tous les ménages, mais son usage recule via plusieurs textes. L’installation de nouvelles chaudières au fioul pur est interdite depuis le 01/07/2022 pour les logements neufs et existants, sauf dérogations techniques spécifiques.
Les chaudières existantes peuvent continuer à fonctionner, être entretenues et réparées, même après 2028, tant qu’un professionnel peut intervenir et que la réglementation locale ne s’y oppose pas. Les pouvoirs publics visent une disparition quasi totale des chaudières au fioul d’ici 2030, avec une pression par les normes, les diagnostics énergétiques et les aides ciblées vers des solutions plus sobres.
Fioul domestique en France : combien en consomme-t-on chaque année ?
Le fioul reste une énergie clé pour le chauffage des maisons individuelles malgré un recul continu. D’après l’INSEE, en 2022, 2,6 millions de résidences principales (8,5% du parc) étaient chauffées au fioul en France métropolitaine, dont 13% des maisons individuelles contre seulement 3% des appartements. Près de 70% de ces logements se trouvent en zones rurales, souvent anciens (avant 1970), grands et mal isolés, avec des occupants âgés et installés de longue date.
Un ménage moyen consomme 1 800 à 2 000 litres par an pour une maison de taille standard. La consommation nationale, inférieure à 5 millions de m3 annuels, baisse de 5 à 7% par an depuis les années 2000 sous l’effet des rénovations, du passage aux pompes à chaleur et aux solutions bois, accéléré par l’interdiction des nouvelles chaudières fioul depuis juillet 2022.
Quelles sont les alternatives au chauffage au fioul ?
De nombreux particuliers remplacent leur chaudière au fioul par des solutions utilisant des énergies renouvelables ou un mix plus vertueux. Trois options ressortent : la PAC, la chaudière à granulés de bois et le passage au biofioul dans une chaudière adaptée.
Le choix dépend de la configuration du logement, du climat local, de l’isolation et du budget disponible pour les travaux. Un projet efficace combine changement de système de chauffage et amélioration de l’enveloppe du logement (murs, combles...) pour réduire durablement les besoins.
Pompes à chaleur (PAC)
La pompe à chaleur utilise les calories présentes dans l’air, l’eau ou le sol pour chauffer le logement et parfois produire l’eau chaude sanitaire. Ce système consomme de l’électricité, mais restitue plusieurs kWh de chaleur pour 1 kWh électrique, ce qui réduit la facture énergétique lorsque l’installation est bien dimensionnée.
Points clés | Avantages principaux | Inconvénients principaux |
Rendement | Bon rendement, plusieurs kWh de chaleur par kWh électrique | Performance faible en climat froid pour certains modèles |
Confort | Chauffage régulier, programmation facile | Bruit potentiel de l’unité extérieure si mauvais emplacement |
Environnement | Moins d’émissions de CO₂ que le fioul | Électricité en partie d’origine fossile selon le mix |
Travaux | Reprise possible du réseau de radiateurs existant (PAC air/eau) | Nécessité d’un professionnel qualifié et étude technique |
Aides financières | MaPrimeRénov’, Coup de pouce, éco-PTZ, TVA réduite | Dossier à constituer, conditions de revenus et de performance |
Le coût d’installation d’une PAC air/eau pour une maison se situe souvent dans une fourchette de 10 000 à 18 000 euros, avant déduction des aides. L’entretien reste limité : contrôle annuel recommandé, vérification du fluide frigorigène et maintenance de l’unité extérieure, pour un coût qui reste inférieur à celui d’une visite complète sur brûleur fioul.
Chaudières à granulés de bois
La chaudière à granulés de bois reprend le principe d’une chaudière centrale et alimente les radiateurs existants, comme le faisait la chaudière au fioul. Les granulés proviennent d’un bois compressé, avec un rendement élevé et une combustion plus propre qu’un foyer bois classique.
Critère | Chaudière granulés bois | PAC |
Énergie | Granulés de bois (énergie renouvelable) | Électricité+calories de l’air/eau/sol |
Rendement | Bon, souvent supérieur à 85-90% | Coefficient de performance de 2,5 à 4 environ |
Stockage | Nécessite un silo ou un espace de stockage sec | Pas de stockage de combustible |
Confort d’usage | Alimentation automatique, mais livraisons régulières | Fonctionnement entièrement automatique |
Investissement | Montant souvent proche ou supérieur à une PAC | Investissement important mais aidé |
Sensibilité au marché | Dépendance au prix des granulés | Dépendance au prix de l’électricité |
Les chaudières à granulés affichent un bon bilan carbone, car le bois appartient aux énergies renouvelables, sous réserve d’une gestion durable de la ressource. Les émissions de particules et de polluants restent plus faibles que celles d’un ancien appareil bois, mais supérieures à celles d’une PAC.
Biofioul
Le biofioul remplace progressivement le fioul 100% fossile dans les cuves des particuliers et s’appuie sur un mélange de fioul et d’ester méthylique d’huile végétale (F30, F50...). Ce combustible réduit les émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie par rapport au fioul classique, sans bouleverser l’installation.
Les chaudières anciennes ne peuvent pas recevoir du biofioul riche en biocomposants sans adaptation du brûleur ou remplacement de l’appareil. La disponibilité progresse sur le territoire, avec un surcoût par litre par rapport au fioul traditionnel, mais un intérêt réel pour les ménages qui souhaitent conserver une chaudière compatible et améliorer leur impact environnemental.
Bon à savoir - Biofioul et avenir des chaudières existantes De nombreuses chaudières récentes s’adaptent au biofioul F30 avec une modification limitée du brûleur, ce qui prolonge l’usage de l’installation et réduit les émissions de CO₂ par rapport au fioul pur. |
Comment remplacer une chaudière au fioul ?
Le remplacement d’une chaudière au fioul suit plusieurs étapes simples, mais demande un minimum d’anticipation. La démarche commence par un diagnostic du logement et du système actuel, puis par le choix de la solution (PAC, chaudière granulés, biofioul).
Les étapes à prévoir :
- Prendre contact avec un professionnel RGE pour un bilan et un devis.
- Étudier la puissance nécessaire et les travaux sur les radiateurs ou le circuit hydraulique.
- Organiser la dépose de la cuve à fioul et la mise en sécurité de l’installation.
- Monter les dossiers d’aides (MaPrimeRénov’...).
Les obligations légales avant 2028 concernent l’interdiction d’installer une chaudière qui dépasse un niveau d’émissions de CO₂, critère que le fioul pur ne respecte plus. Les appareils existants, dont ceux au fioul, restent autorisés, mais les nouvelles installations se tournent vers des équipements moins émetteurs ou vers le biofioul adapté.
Quelles aides financières pour remplacer une chaudière au fioul ?
Le remplacement d’une chaudière au fioul bénéficie de plusieurs dispositifs nationaux et, dans certains cas, d’aides locales complémentaires. Ces aides réduisent le coût d’une PAC, d’une chaudière à granulés ou d’une solution hybride.
Aide/Dispositif | Critères d’éligibilité principaux | Montant/Avantage | Procédure |
MaPrimeRénov’ | Résidence principale, logement + 15 ans, revenus encadrés et travaux réalisés par un pro RGE | Montant variable selon revenus et type d’équipement | Dossier en ligne sur le portail dédié avant travaux |
Prime «Coup de pouce chauffage» | Remplacement d’une chaudière fioul, gaz ou charbon par un équipement performant | Prime versée par un fournisseur d’énergie, montant selon équipement et revenus | Demande avant signature du devis, justificatifs à fournir |
Éco-PTZ | Propriétaire occupant ou bailleur, logement ancien, travaux éligibles dont changement de chauffage | Prêt sans intérêts pour financer le reste à charge | Demande avant signature du devis, justificatifs à fournir |
TVA réduite | Logement + 2 ans, travaux d’amélioration de la performance énergétique | TVA réduite sur la main-d’œuvre et parfois sur le matériel | Application directe par l’entreprise |
Aides locales | Conditions selon région, département... | Subventions ou primes complémentaires | Renseignements auprès de France Rénov’ ou de la collectivité |
Les règles d’accès à MaPrimeRénov’ évoluent, avec des priorités données aux rénovations globales et aux ménages modestes. Les ménages peuvent cumuler plusieurs dispositifs : MaPrimeRénov’, Coup de pouce et éco-PTZ, sous réserve du respect des plafonds et de l’ordre de dépôt des dossiers.
Combien coûte le remplacement d’une chaudière à fioul ?
Le coût total dépend du type d’équipement choisi, de la puissance nécessaire, de l’état du réseau existant et de la dépose éventuelle de la cuve. Les fourchettes constatées pour une maison vont de :
- 10 000 à 18 000 euros pour une PAC air/eau, hors aides.
- 12 000 à 20 000 euros pour une chaudière à granulés avec silo, hors aides.
La dépose et le dégazage de la cuve à fioul ajoutent un coût supplémentaire, parfois financé par certaines aides ou par les certificats d’économie d’énergie. Les aides publiques réduisent la facture finale de plusieurs milliers d’euros, surtout pour les ménages modestes.
Comment choisir la meilleure alternative pour son logement ?
Le meilleur choix dépend des caractéristiques du logement et du profil du foyer. Un diagnostic global permet d’identifier les besoins de puissance, les pertes de chaleur et les travaux d’isolation prioritaires.
Critères à considérer :
- Niveau d’isolation et climat de la région.
- Place disponible pour une unité extérieure (PAC) ou un silo de granulés.
- Budget initial et capacité à financer un reste à charge après aides.
- Sensibilité au confort d’usage (livraisons de granulés, réglages, bruit).
Une comparaison rapide des options montre qu’une PAC convient bien aux logements déjà isolés, alors qu’une chaudière à granulés peut mieux s’adapter à certaines maisons anciennes. Le biofioul devient une solution de transition pour des ménages qui souhaitent étaler les travaux.
Quelles sont les régulations actuelles concernant le fioul ?
Les textes récents encadrent les nouvelles installations et les performances minimales en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Un seuil de 300 gCO2eq/kWh PCI exclut le fioul pur des systèmes autorisés pour les nouvelles chaudières.
Les logements continueront de se vendre et de se louer avec des chaudières au fioul, mais les contraintes deviennent fortes pour les passoires thermiques, avec des interdictions progressives de location pour les logements énergivores. Des dérogations existent pour des zones non raccordées aux réseaux par exemple, ce qui peut justifier le maintien d’une chaudière au fioul ou le passage au biofioul.
Bon à savoir : Chaudière en panne et obligation de remplacement Une chaudière au fioul qui tombe en panne peut continuer à être réparée, mais un remplacement complet doit respecter le seuil d’émissions, ce qui orientera le projet vers une PAC, une solution bois ou le biofioul. |
Questions fréquemment posées sur l’interdiction du chauffage au fioul
Le locataire est-il responsable du remplacement de la chaudière à fioul ?
Le remplacement d’une chaudière relève du propriétaire. Il s’agit d’un équipement structurel du logement. Le locataire assure l’entretien courant.
Que se passera-t-il pour les ménages qui n’ont pas les moyens financiers de remplacer leur chaudière avant 2028 ?
Les chaudières existantes peuvent continuer à fonctionner après 2028, sans coupure automatique. Des aides renforcées ciblent les ménages modestes pour étaler ou réduire le coût du remplacement.
Est-il possible de conserver sa chaudière au fioul après 2028 si elle est en bon état ?
Une chaudière au fioul installée avant les interdictions peut rester en service, avec entretien et réparations, tant que la sécurité est assurée et que les pièces existent. Un passage au biofioul peut prolonger sa durée de vie et réduire les émissions.
Est-ce que le prix du biofioul augmentera avec la baisse de la demande suite à l’interdiction du fioul ?
Le prix du biofioul dépend du coût des huiles végétales, de la production et de la fiscalité énergétique, pas uniquement de la demande en fioul fossile. Les évolutions futures resteront liées aux marchés des biocarburants et aux choix de politique énergétique.