La rénovation énergétique des copropriétés n’attend plus que le tiers-financement

18 juillet 2016 - Guide pratique

La copropriété Lançon-Rungis (Paris XIIIe) va servir de projet « vitrine » à la société d’économie mixte francilienne de tiers-financement, pour l’aider à massifier la rénovation énergétique dans la région. Un projet ambitieux mais nécessaire pour atteindre les objectifs de la loi pour la transition énergétique.

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« Lançon-Rungis », un projet de rénovation colossal…

Les trois quarts des logements en copropriété ont été construits après 1949, alors que pour la plupart, il n’existait pas encore de réglementation thermique. Ils ne bénéficient donc ni d’une isolation performante, ni d’équipements énergétiques efficaces. C’est le cas notamment de la copropriété privée Lançon-Rungis, située dans le 8ème arrondissement de Paris. Il est nécessaire de lancer rapidement des travaux de rénovation afin d’en limiter la consommation énergétique, d’autant que la facture annuelle risque de fortement augmenter dans les années à venir.

La copropriété privée Lançon-Rungis va servir de projet vitrine à la SEM Energies POSIT’IF (la première société de tiers-financement dédiée à la rénovation énergétique), pour l’aider à massifier la rénovation énergétique dans la région. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chantier de ce bâtiment de 31 logements est colossal. Au programme : un nouveau système de chauffage au gaz, l’isolation du toit-terrasse, la pose de panneaux solaires sur le toit pour la production d’eau chaude sanitaire, de nouvelles menuiseries, un nouveau système de ventilation, une isolation thermique par l’extérieur, et un petit plus architectural avec une dizaine de nouveaux balcons.

L’objectif d’un tel chantier ? Réduire la consommation en énergie primaire du bâtiment en passant de 300 kWhep/m2/an (niveau E sur l’étiquette énergétique) à 98 kWhep/m2/an (niveau C), et faire une économie sur la facture énergétique de 60 % (soit un trimestre entier de charges ou 80 € par mois par logement).

…dans l’attente du tiers-financement

La vice-présidente de la région Ile-de-France en charge de l'Écologie et du Développement durable, Chantal Jouanno, le sait : « l’opération Lançon-Rungis est la dernière étape nécessaire avant la massification de la rénovation et un démonstrateur des gains économiques et sociaux majeurs qu’elle implique ».
Pour que le chantier ne s’embourbe pas, elle a confirmé que la région Ile-de-France allait augmenter le capital de la SEM Energies POSIT’IF de 3 millions d’euros et s’atteler à « lever le blocage au tiers-financement ». Mais la bataille est loin d’être gagnée car le dispositif butte sur la loi Warsmann, relative à la simplification du droit et à l’allègement des démarches administratives. Cette loi dispose en effet que les opérations d’emprunt collectif doivent être cautionnées par une entreprise d’assurance agréée. Or, a souligné Brice Nkonda président du conseil de surveillance d’Energies POSIT’IF, « seule une poignée de sociétés de caution se sont positionnées sur le marché et mettent leurs offres à disposition des établissements financiers proposant ce type de prêts collectifs. Et nous sommes toujours à la recherche de celle qui acceptera de cautionner du tiers-financement, qui est une cible primordiale pour massifier le chantier de la rénovation énergétique ».
La SEM Energies POSIT’IF promet le déblocage pour fin 2016. Les copropriétaires de la résidence Lançon-Rungis doivent déjà croiser les doigts pour que cette promesse soit tenue.

Le saviez-vous ?
Le Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique (CITE) permet de financer une partie non négligeable des travaux de rénovation énergétique. En témoigne l’enveloppe de 120 000 € que les copropriétaires de la résidence Lançon-Rungis vont recevoir grâce à ce crédit d’impôt.

 

Pour aller plus loin :

Fiscalité énergétique : des changements en 2016 ?

Déclaration d’impôts et crédit d’impôt pour la transition énergétique

Travaux de rénovation énergétique : assouplissement de la TVA à taux réduit