En clair : le prix du fioul grimpe fortement depuis un mois, porté par les tensions au Moyen-Orient qui font monter le prix du pétrole. En parallèle, des blocages en France font craindre des difficultés d'approvisionnement dans certaines zones. Rien n'est certain sur la suite, mais si vous savez que vous aurez besoin de fioul cet hiver, mieux vaut ne pas attendre le dernier moment.
Le prix de votre fioul a déjà bien augmenté depuis mi-août
| Date | Prix moyen national (1 000 L) | Évolution sur la semaine |
|---|---|---|
| 17/08/2026 | 1 670 € | +51 € |
| 24/08/2026 | 1 690 € | +20 € |
| 31/08/2026 | 1 691 € | +1 € |
| 07/09/2026 | 1 765 € | +74 € |
| 14/09/2026 | 1 873 € | +108 € |
| 17/09/2026 | 1 928 € | +39 € (une journée) |
Concrètement, pour une cuve de 1 500 litres, cette hausse représente environ 387 € de plus entre le 17 août et le 17 septembre. Sur les trois derniers jours seulement (14 au 17 septembre), la facture pour la même quantité a augmenté d'environ 83 €.
Cette hausse suit celle du pétrole brut, matière première dont est fabriqué le fioul. Sa référence internationale, le « Brent », a grimpé lundi 14 septembre à environ 107 dollars le baril, soit plus de 10 % en une semaine. La cause principale de cette envolée se trouve au Moyen-Orient.
Vous savez déjà que vous aurez besoin de fioul cet hiver ?
Moyen-Orient : deux détroits stratégiques perturbés en même temps
Une grande partie du pétrole mondial transite par quelques passages maritimes clés. Depuis cet été, deux d'entre eux posent problème en même temps, ce qui n'était pas arrivé jusqu'ici.
| Détroit d'Ormuz | Détroit de Bab-el-Mandeb | |
|---|---|---|
| Où ? | Entre l'Iran et Oman, entrée du golfe Persique | Entre le Yémen, Djibouti et l'Érythrée, entrée de la mer Rouge |
| Perturbé depuis | 28 février 2026 | 11 septembre 2026 |
| Part du pétrole mondial habituelle | ~20 % | ~10 à 15 % |
| Situation au 17/09/2026 | Trafic réduit à 12-13 bateaux/jour (contre ~100 avant crise) | Sous le contrôle des rebelles houthis |
| Qui est le plus touché ? | Le marché mondial en général | L'Arabie saoudite (exportations) |
Le détroit d'Ormuz : perturbé depuis fin février à cause d'un conflit armé
Depuis le 28 février 2026, l'Iran est en guerre avec les États-Unis et Israël. En réponse à des frappes militaires contre son territoire, l'Iran a fortement restreint le passage des bateaux dans le détroit d'Ormuz. Six mois plus tard, la situation n'est toujours pas réglée : début septembre, l'Iran a par exemple annoncé avoir intercepté un engin sous-marin américain dans la zone, et les discussions entre les deux pays restent bloquées.
Le détroit de Bab-el-Mandeb : une seconde perturbation depuis le 11 septembre
Plus récemment, une deuxième zone est devenue un point de tension : le détroit de Bab-el-Mandeb, à l'entrée de la mer Rouge. Les « Houthis », un groupe armé qui contrôle une partie du Yémen, en ont pris le contrôle le 11 septembre 2026. Conséquence directe : l'Arabie saoudite, déjà privée d'Ormuz, se retrouve avec une seule route possible pour exporter son pétrole (le canal de Suez, plus au nord). Le marché a immédiatement réagi : le prix du baril a bondi de près de 9 % dans les jours qui ont suivi.
Concrètement pour vous : moins il y a de pétrole qui circule facilement dans le monde, plus son prix grimpe sur les marchés, et comme le fioul domestique est fabriqué à partir de ce même pétrole, la hausse se répercute directement sur le prix que vous payez pour remplir votre cuve. C'est un lien direct, pas une spéculation : quand les deux principaux détroits pétroliers sont perturbés en même temps, il devient plus difficile de compenser l'un par l'autre, ce qui explique la nervosité actuelle des prix.
En France aussi : des blocages bien réels, et une inquiétude sociale qui monte
Des blocages qui ont déjà eu lieu, à un endroit précis
Depuis le 15 septembre 2026, des pêcheurs en colère contre la hausse du prix du carburant ont bloqué l'entrée d'un dépôt pétrolier à Frontignan (Hérault), ainsi que les ports de Sète et de Nice. Leur mouvement a connu plusieurs phases : blocages renforcés le 17 septembre au matin, puis levés en partie dans la journée, en attendant une rencontre avec la ministre de la Mer, Catherine Chabaud.
À ce stade, ces blocages restent localisés et n'expliquent pas la hausse nationale actuelle, liée au Moyen-Orient. Ils représentent toutefois un risque réel de difficultés locales, à la fois sur les délais de livraison et sur les prix pratiqués dans les zones concernées, si la mobilisation venait à s'intensifier ou à s'étendre.
Un appel à manifester le 17 octobre, dont l'ampleur reste incertaine
En parallèle, en France, des appels à manifester le samedi 17 octobre 2026 circulent sur les réseaux sociaux, en référence au mouvement des « gilets jaunes » de 2018. Selon franceinfo, cet appel est né spontanément en ligne, relayé notamment par des comptes anonymes imitant l'apparence de médias, sans qu'aucun syndicat ou parti politique ne soit officiellement à son origine.
L'ampleur de cette mobilisation ne peut donc pas être anticipée à ce stade.
Le terrain sur lequel s'exprime cette colère est en revanche mesurable : selon un sondage Elabe pour BFMTV, les Français fixent en moyenne à 1,84 € le litre le seuil au-delà duquel l'essence ou le gazole devient « trop cher », un seuil déjà dépassé dans plusieurs régions.
Ce que l'histoire récente nous apprend
Ce n'est pas la première fois qu'un mouvement social touche l'approvisionnement en carburant en France. En octobre 2022, des grèves dans plusieurs raffineries et dépôts avaient provoqué plus d'un mois de tensions sur tout le territoire, avec des pénuries locales pouvant aller jusqu'à un tiers des stations à sec dans certaines régions, des files d'attente et des achats de précaution.
Concrètement pour vous : ce précédent ne veut pas dire que la même chose va se reproduire cette fois-ci. Mais il montre qu'une pénurie peut faire pression à la fois sur les délais et sur les prix pratiqués, ce qui justifie la vigilance sans permettre de prédire ce qui va se passer cette fois-ci.
Ce que l'on sait avec certitude, et ce qui reste incertain
Faits vérifiés à la date du 17 septembre 2026 :
- Le prix du fioul domestique a augmenté de 258 € pour 1 000 L entre le 17 août et le 17 septembre.
- Le détroit d'Ormuz connaît des perturbations depuis le 28 février 2026.
- Les Houthis contrôlent le détroit de Bab-el-Mandeb depuis le 11 septembre 2026.
- Des blocages de dépôt pétrolier et de ports ont eu lieu dans le sud de la France entre le 15 et le 17 septembre 2026.
- Des appels à manifester le 17 octobre 2026 circulent sur les réseaux sociaux.
Ce qui reste incertain :
- La suite des négociations autour d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb.
- L'ampleur réelle de la mobilisation annoncée pour le 17 octobre.
- L'évolution des prix du pétrole et du fioul dans les prochaines semaines.
Si votre cuve est basse et que vous savez que vous en aurez besoin dans les prochaines semaines, il n'y a pas vraiment d'avantage à attendre.
Alors, faut-il commander votre fioul maintenant ?
Nous n'allons pas vous dire que les prix vont continuer à monter à coup sûr : personne ne peut l'affirmer. Mais deux choses sont sûres, et elles suffisent à éclairer votre décision :
- Attendre, c'est faire un pari. Les prix sont déjà élevés, et rien dans le contexte actuel ne pousse vers une baisse rapide.
- Un retard ou un surcoût est toujours possible en période de tension, que ce soit à cause d'un blocage localisé ou d'un afflux soudain de commandes de foyers qui, comme vous, cherchent à sécuriser leur approvisionnement avant l'hiver.
Vous préférez suivre l'évolution des prix avant de vous décider ? Vous souhaitez être informé dès qu'une fenêtre plus favorable se présente ?
Vos questions les plus fréquentes
Le prix du fioul va-t-il continuer à augmenter ?
Impossible à garantir. Tout dépend de la suite des tensions au Moyen-Orient, le facteur principal de la hausse actuelle, et, dans une moindre mesure, du climat social en France.
Les blocages en France touchent-ils tout le pays ?
Non. Au 17 septembre 2026, les blocages connus concernent un dépôt (Frontignan) et deux ports (Sète, Nice), dans le cadre d'une mobilisation de pêcheurs. Ce n'est pas, à ce stade, un blocage généralisé.
Le mouvement du 17 octobre va-t-il vraiment avoir lieu ?
Les appels circulent depuis début septembre sur les réseaux sociaux, sans soutien syndical ou politique officiellement confirmé. Son ampleur reste incertaine.
Fioulmarket peut-il garantir qu'il n'y aura aucun impact sur les livraisons ?
Non, et personne dans le secteur ne peut le garantir dans un contexte aussi mouvant. C'est justement pour cette raison que nous vous conseillons d'anticiper votre commande plutôt que d'attendre une urgence.