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Ménages au fioul : âge, logement, territoire… ce que disent les chiffres

Actualités du fioul

Publié le 23/01/2026 à 17h32

Le chauffage au fioul concerne encore 2,6 millions de foyers en France en 2022, soit près de 9 % des résidences principales. Maisons anciennes en zones rurales, occupants âgés, vulnérabilité énergétique accrue : les statistiques de l'Insee dressent un portrait précis de ces ménages et révèlent une baisse continue depuis 2006. Entre transition énergétique, politiques publiques et alternatives qui se développent, comment évolue le profil des utilisateurs de fioul ?

Chaudière fioul

À retenir

  • 2,6 millions de résidences principales sont chauffées au fioul en France (8,5 % du parc)
  • 16,7 % des logements en zones rurales utilisent le fioul, contre 3,5 % en zones urbaines denses
  • 46 % des ménages chauffés au fioul sont en situation de vulnérabilité énergétique
  • Le nombre de résidences chauffées au fioul a été divisé par deux entre 2006 et 2022
  • 13 % des maisons individuelles sont équipées au fioul, contre seulement 3 % des appartements

Pourquoi le fioul reste-t-il très présent dans les zones rurales ?

Les raisons de la prévalence du fioul

Les zones rurales concentrent l'essentiel du parc de logements chauffés au fioul. Avec 16,7 % des résidences principales concernées, ces territoires affichent un taux près de cinq fois supérieur à celui des espaces urbains denses (3,5 %). Cette situation s'explique par plusieurs facteurs structurels.

Les maisons individuelles dominent le paysage rural et représentent le principal vecteur du chauffage au fioul. Alors que 13 % des maisons sont équipées d'une chaudière fioul, cette proportion tombe à 3 % pour les appartements. Plus de six résidences principales chauffées au fioul sur dix se situent en milieu rural, alors que seuls trois logements sur dix y sont localisés.

L'accès limité au réseau de gaz constitue un autre facteur déterminant. Dans les communes où moins de 30 % des maisons bénéficient d'un raccordement au gaz, 18 % des habitations fonctionnent au fioul, contre seulement 7 % ailleurs. En Lozère, où aucune commune n'atteint ce seuil de raccordement, la proportion de maisons chauffées au fioul grimpe à 34 %. Les départements du Massif central, du nord du pays et des Alpes affichent des taux dépassant souvent 30 % dans leurs communes rurales.

Profil démographique et socio-économique

Le profil des ménages au fioul se distingue nettement de la moyenne nationale. Les propriétaires occupants sont largement majoritaires : ils utilisent le fioul trois fois plus souvent (12 %) que les locataires (4 %). L'âge constitue également un marqueur significatif : 16 % des ménages de 75 ans ou plus se chauffent au fioul, contre 7 % pour les autres tranches d'âge.

L'ancienneté dans le logement révèle une forte inertie. Les ménages installés depuis plus de 20 ans représentent 55 % des usagers du fioul en 2022, contre seulement 44 % en 2006. Cette tendance témoigne d'un vieillissement sur place des occupants, qui constituent désormais 30 % des usagers de fioul alors qu'ils n'en représentaient que 20 % seize ans plus tôt.

Sur le plan économique, les ménages chauffés au fioul disposent de revenus légèrement inférieurs à la moyenne et sont un peu plus souvent en situation de pauvreté (12 % contre 10 % pour ceux chauffés autrement). La combinaison de revenus modestes et de dépenses énergétiques élevées crée une vulnérabilité énergétique marquée.

Comment l'usage du fioul a-t-il évolué en France depuis 2006 ?

Statistiques et tendances

La baisse du nombre de résidences chauffées au fioul s'avère spectaculaire. Entre 2006 et 2022, ce parc a été divisé par presque deux, passant de 4,6 millions à 2,6 millions de logements. La part des résidences principales concernées est tombée de 18 % à 8,5 % sur la même période.

Les appartements ont amorcé leur déclin dès les années 1990, perdant progressivement leurs équipements fioul. Pour les maisons, le mouvement ne s'est enclenché qu'au milieu des années 2000. En 2022, le fioul représente la source principale de chauffage de 399 000 appartements et 2,15 millions de maisons, contre respectivement 993 000 et 3,64 millions en 2006.

Cette diminution touche inégalement les territoires. Les intercommunalités des façades atlantique et méditerranéenne, ainsi que l'Île-de-France, affichent les baisses les plus marquées. Dans ces zones où le fioul était déjà peu répandu en 2006 (moins de 10 %), la proportion a été divisée par plus de deux. À l'inverse, les territoires ruraux du centre et de l'est de la France (Aveyron, Cantal, Creuse, Aube, Haute-Marne) connaissent un recul nettement moins prononcé.

 

 

Histoire de l'utilisation du fioul en France

L'histoire du fioul domestique en France suit les grandes mutations énergétiques du pays. Dans les années 1960 et jusqu'au premier choc pétrolier de 1973, le fioul s'impose comme le mode de chauffage privilégié des constructions neuves grâce à son coût attractif. À cette époque, la moitié des logements français fonctionnaient au fioul.

Les chocs pétroliers des années 1970 bouleversent cette dynamique. La volatilité des prix du baril et les préoccupations d'indépendance énergétique encouragent le développement du nucléaire et la diversification vers le gaz naturel. Les constructions neuves se détournent progressivement du fioul au profit de l'électricité et du gaz.

À partir des années 2000, les considérations environnementales accélèrent le déclin. Le fioul, particulièrement émetteur de gaz à effet de serre et de particules fines, devient incompatible avec les objectifs de réduction des émissions. Les politiques publiques renforcent cette tendance avec des réglementations de plus en plus strictes et des incitations financières à la conversion.

Quelles alternatives au fioul se développent aujourd'hui ?

Options de chauffage durable

Plusieurs solutions émergent pour remplacer les chaudières fioul. Les pompes à chaleur air-eau s'imposent comme l'alternative la plus plébiscitée, notamment grâce aux aides publiques. Avec un coefficient de performance moyen de 3, elles produisent trois fois plus d'énergie qu'elles n'en consomment, réduisant significativement les factures énergétiques.

L'électricité se développe également, portée par des radiateurs nouvelle génération et des systèmes de régulation intelligents. Dans les zones raccordées au réseau de gaz, les chaudières à condensation offrent un excellent rendement (92-108 %) et restent économiquement compétitives. Le bois, sous forme de granulés ou de bûches, séduit les ménages ruraux disposant d'espace de stockage.

Le choix de l'alternative dépend de multiples facteurs : configuration du logement, isolation, budget, accès aux réseaux. Les systèmes hybrides, combinant par exemple une pompe à chaleur avec une chaudière existante, constituent une solution de transition intéressante.

Impact des nouvelles constructions

Les constructions neuves ont joué un rôle majeur dans le déclin du fioul. Depuis les années 2000, elles privilégient massivement l'électricité et le gaz. Cette tendance s'est accélérée avec le renforcement des réglementations thermiques successives (RT 2005, RT 2012, RE 2020), qui imposent des performances énergétiques incompatibles avec le chauffage au fioul.

Depuis le 1er juillet 2022, la loi Climat et Résilience interdit l'installation de nouvelles chaudières au fioul. Cette interdiction marque un tournant définitif, limitant désormais le fioul au parc existant. Les territoires à forte croissance démographique, où la construction neuve est importante, ont connu les baisses les plus spectaculaires du nombre de logements chauffés au fioul.

Quelles politiques publiques et aides accompagnent la sortie du fioul ?

Initiatives gouvernementales

Les pouvoirs publics ont progressivement renforcé leur action contre le chauffage au fioul depuis le milieu des années 2000. L'interdiction d'installer de nouvelles chaudières au fioul, entrée en vigueur le 1er juillet 2022, constitue la mesure la plus radicale. Elle s'inscrit dans l'objectif de neutralité carbone fixé pour 2050.

Le chauffage au fioul représente un enjeu environnemental majeur : en 2023, il était responsable à lui seul de 23 % des émissions directes de gaz à effet de serre du secteur résidentiel, alors qu'il ne concerne que 8,5 % des logements. Cette forte intensité carbone justifie les mesures strictes adoptées.

Au-delà de l'interdiction, les réglementations thermiques successives ont progressivement rendu le fioul moins compétitif. Les normes d'isolation renforcées et les exigences de performance énergétique orientent naturellement les choix vers des solutions moins énergivores.

Dispositifs d'aide pour les ménages

Plusieurs dispositifs financiers accompagnent les ménages souhaitant abandonner le fioul. MaPrimeRénov' constitue l'aide principale, avec des montants majorés pour le remplacement d'une chaudière fioul. Les ménages modestes peuvent obtenir jusqu'à 10 000 euros pour installer une pompe à chaleur en remplacement d'un équipement fioul.

Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), distribués par les fournisseurs d'énergie, complètent ces aides. L'éco-prêt à taux zéro permet de financer les travaux sans intérêts, tandis que l'ANAH (Agence Nationale de l'Habitat) propose des aides spécifiques pour les ménages les plus modestes.

Malgré ces dispositifs, 46 % des ménages chauffés au fioul restent en situation de vulnérabilité énergétique. Le reste à charge, même avec les aides maximales, demeure souvent trop élevé pour des propriétaires âgés aux revenus modestes. Cette situation explique en partie la persistance du fioul dans certains territoires ruraux.

 

 

Quel est l'impact environnemental et économique du chauffage au fioul ?

Conséquences environnementales

Le fioul domestique figure parmi les modes de chauffage les plus polluants. Particulièrement émetteur de particules fines et de gaz à effet de serre, il contribue significativement aux émissions du secteur résidentiel. En 2023, le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire du secteur résidentiel représentaient 8 % des émissions directes de GES en France.

Au sein de ce secteur, le fioul domestique concentrait à lui seul 23 % de ces émissions alors qu'il ne concernait que 8,5 % des résidences principales. Cette intensité carbone, trois fois supérieure à sa part de marché, en fait une cible prioritaire des politiques environnementales.

Comparé à d'autres énergies, le fioul affiche un bilan carbone défavorable. Une chaudière fioul émet environ trois fois plus de CO2 qu'une pompe à chaleur électrique et deux fois plus qu'une chaudière gaz à condensation pour la même quantité de chaleur produite. La combustion du fioul génère également des oxydes d'azote et des particules fines néfastes pour la qualité de l'air.

Conséquences économiques pour les ménages

Le coût du chauffage au fioul pèse lourdement sur les ménages concernés. Les dépenses énergétiques conventionnelles s'élèvent en moyenne à 2 900 euros par an pour un logement chauffé au fioul, contre 1 700 euros pour les autres modes de chauffage. Cet écart de 70 % s'explique par plusieurs facteurs : logements plus grands, isolation moins performante et rendement des chaudières souvent médiocre.

La volatilité des prix du fioul, directement indexés sur les cours du pétrole, ajoute une incertitude budgétaire. Les fluctuations peuvent atteindre 20 à 30 % d'une année sur l'autre, rendant difficile l'anticipation des dépenses. Cette instabilité tarifaire a contribué à réduire l'attractivité du fioul depuis les années 2000.

En 2021, à caractéristiques de logement équivalentes, les résidences chauffées au fioul affichaient des dépenses conventionnelles 8 % plus élevées que si elles étaient chauffées à l'électricité. Cet écart s'est creusé avec l'amélioration du rendement des systèmes électriques modernes et la stabilisation relative des tarifs réglementés de l'électricité.

Comment la transition énergétique affecte-t-elle les ménages chauffés au fioul ?

Effets de la transition sur les ménages

La transition énergétique impose des adaptations parfois difficiles aux ménages chauffés au fioul. L'interdiction d'installer de nouvelles chaudières depuis juillet 2022 les place face à un choix : maintenir leur installation actuelle jusqu'à sa fin de vie, ou anticiper son remplacement en profitant des aides disponibles.

Les déménagements constituent un accélérateur important de la transition. De nombreux nouveaux propriétaires profitent de l'acquisition pour moderniser le système de chauffage, remplaçant les chaudières fioul anciennes et peu performantes. Cette dynamique explique la baisse plus rapide du fioul dans les territoires où la mobilité résidentielle reste élevée.

Pour les occupants installés de longue date, particulièrement les personnes âgées, la transition s'avère plus complexe. L'investissement financier, même avec les aides, représente un obstacle. La complexité administrative des démarches et l'ampleur des travaux découragent certains ménages. Près de la moitié des usagers du fioul vivent en situation de sous-occupation très accentuée, ce qui peut limiter leur motivation à investir dans de nouveaux équipements.

Vulnérabilité énergétique

La vulnérabilité énergétique touche massivement les ménages chauffés au fioul. Avec 46 % d'entre eux dans cette situation, contre seulement 17 % des autres ménages vivant en maison, le décalage est considérable. Cette vulnérabilité résulte de la combinaison de dépenses énergétiques élevées et de revenus moyens plus faibles.

Un ménage est considéré en situation de vulnérabilité énergétique lorsqu'il ne fait pas partie des 25 % les plus aisés et que ses dépenses énergétiques conventionnelles dépassent 9,2 % de son revenu disponible. Pour les utilisateurs de fioul, ce seuil est fréquemment franchi en raison des coûts de chauffage particulièrement élevés.

Cette fragilité énergétique se double souvent d'une fragilité sociale. Les occupants de maisons chauffées au fioul sont légèrement plus souvent en situation de pauvreté (12 %) que ceux chauffés autrement (10 %). L'âge avancé de nombreux occupants limite leurs perspectives d'amélioration de revenus, les enfermant dans une situation difficile à résoudre.

Pourquoi l'isolation est-elle un enjeu clé pour les logements au fioul ?

Problèmes d'isolation courants

Les logements chauffés au fioul souffrent d'une isolation particulièrement déficiente. En 2021, les diagnostics de performance énergétique classaient 53 % d'entre eux en étiquette E, F ou G pour leur consommation d'énergie, contre seulement 31 % des logements chauffés autrement. Cette différence massive s'explique par l'ancienneté du parc : 12 % des résidences construites avant 1970 fonctionnent encore au fioul.

L'époque de construction de ces logements, entre les années 1950 et 1970, correspondait à une période où les normes d'isolation étaient inexistantes ou très limitées. Les murs, toitures et menuiseries de ces bâtiments laissent échapper une quantité importante de chaleur. Cette mauvaise isolation explique en grande partie les dépenses énergétiques élevées constatées.

Les maisons et appartements chauffés au fioul sont également 15 % plus grands en moyenne que les autres logements. Cette superficie supérieure, combinée à une isolation médiocre, multiplie les besoins énergétiques et alourdit considérablement les factures.

Initiatives d'amélioration de l'isolation

Améliorer l'isolation constitue souvent un préalable plus pertinent que le simple remplacement de la chaudière. Des travaux d'isolation performants peuvent réduire les besoins de chauffage de 40 à 60 %, rendant ensuite le changement d'énergie plus accessible avec des équipements de puissance réduite.

MaPrimeRénov' finance également les travaux d'isolation, avec des montants variant selon les revenus du ménage et l'ampleur des travaux. L'isolation des combles, des murs et le changement des menuiseries constituent les interventions les plus efficaces. Les ménages modestes peuvent obtenir des prises en charge jusqu'à 90 % du montant des travaux.

Les rénovations globales, combinant isolation et changement de système de chauffage, bénéficient d'aides majorées. Cette approche intégrée permet d'atteindre des performances énergétiques optimales et de sortir durablement de la vulnérabilité énergétique. Les accompagnateurs Rénov' aident les ménages à construire leur projet et à naviguer dans le parcours administratif.

Conclusion

Le chauffage au fioul dessine aujourd'hui une géographie sociale et territoriale très marquée. Concentré dans les zones rurales, il touche principalement des propriétaires âgés installés dans des maisons anciennes mal isolées. Sur les 2,6 millions de foyers concernés, 46 % se trouvent en situation de vulnérabilité énergétique.

La baisse spectaculaire du parc entre 2006 et 2022, divisé par presque deux, témoigne d'une mutation profonde accélérée par les politiques publiques et l'interdiction d'installer de nouvelles chaudières. Les alternatives se développent, portées par des aides financières conséquentes, mais se heurtent aux difficultés économiques de nombreux ménages.

Avec 46 % des utilisateurs en situation de vulnérabilité énergétique, la transition énergétique constitue un enjeu majeur de justice sociale. L'amélioration de l'isolation apparaît comme un préalable indispensable, réduisant les besoins énergétiques et facilitant ensuite la conversion vers des systèmes moins polluants.

Questions fréquentes

Le chauffage au fioul concerne-t-il surtout les propriétaires ou aussi les locataires ?

Le chauffage au fioul est très majoritairement l'apanage des propriétaires occupants. Selon l'Insee, 12 % des propriétaires se chauffent au fioul, contre seulement 4 % des locataires. Cette différence s'explique par la concentration du fioul dans les maisons individuelles. Dans le parc locatif social (HLM), le fioul est quasiment absent avec moins de 2 % des logements concernés.

Les ménages au fioul sont-ils plus exposés à la précarité énergétique ?

Oui, très nettement. Près d'un ménage chauffé au fioul sur deux (46 %) se trouve en situation de vulnérabilité énergétique, contre seulement 17 % des autres ménages en maison. Cette surexposition résulte de dépenses énergétiques élevées (2 900 € par an en moyenne) combinées à des revenus légèrement inférieurs à la moyenne. Les logements sont souvent grands, anciens et mal isolés, ce qui alourdit les besoins de chauffage.

Changer de chauffage est-il toujours possible sans gros travaux ?

Cela dépend de l'alternative choisie. Le remplacement par une autre chaudière (gaz, bois) nécessite généralement peu de modifications si un conduit adapté existe déjà. L'installation d'une pompe à chaleur implique des travaux plus conséquents : pose d'une unité extérieure, adaptation du circuit de chauffage, parfois remplacement des radiateurs. Les radiateurs électriques constituent la solution la plus simple techniquement mais nécessitent souvent une augmentation de la puissance souscrite.

L'isolation peut-elle réduire significativement la dépendance au fioul ?

Absolument. Des travaux d'isolation performants peuvent réduire les besoins de chauffage de 40 à 60 %, diminuant d'autant la consommation et les factures. L'isolation des combles, des murs et le remplacement des menuiseries constituent les travaux prioritaires. Elle améliore immédiatement le confort, rend le changement de chauffage plus abordable et valorise le bien immobilier. MaPrimeRénov' finance ces interventions avec des aides pouvant atteindre 90 % du montant pour les ménages les plus modestes.