Forte augmentation du prix de l’électricité d’ici 2020, hausse record du prix du pétrole, quel avenir pour le fioul ?

26 septembre 2012 - Actualités du fioul

Le dernier rapport pour la commission d’enquête sur le coût réel de l’électricité est sans appel : nous devons nous attendre à une hausse non négligeable des coûts de l’électricité pour les prochaines années.

Aujourd’hui, le constat est le suivant : la France est telle une maison avec les fenêtres grandes ouvertes et se chauffant au maximum. C'est-à-dire, qu’avec un chauffage électrique très présent et une mauvaise isolation, l’habitat français est devenu très énergivore.

L’alternative pourrait être alors le fioul domestique, mais le prix du pétrole n’a jamais été aussi volatile que durant ces dix dernières années, rendant toutes prévisions extrêmement  difficiles. Le consommateur final est ainsi, persuadé que le prix du fioul ne cesse d’augmenter.

Mais qu’en est-il vraiment ? Le fioul domestique est-il encore une énergie d’avenir ?

Il est admis que le coût de l’énergie électrique augmentera durant les prochaines années et avec lui la précarité énergétique.

La première cause est l’absence de politique long terme sur le sujet.

Par exemple, suite à l’incident de la centrale nucléaire de Fukushima, un millier de nouvelles mesures ont été prises par le gouvernement français pour renforcer la sécurité de son parc nucléaire : la création du DUS (Diesel Ultime Secours), la force d’action rapide nucléaire opérationnelle en 24h, etc. Toutes ces mesures représentent un coût total d’environ d’un milliard d’euros (source : EDF).

Nous assistons ainsi aujourd’hui à un paradoxe avec d’une part la volonté de baisser la consommation d’électricité nucléaire de 75% d’ici 2025 et d’autre part l’augmentation massive dans un même temps des investissements pour la sécurité de nos centrales.

La deuxième cause est le problème du chauffage électrique français. L’alliance des chauffages muraux électrique, des radiateurs mobiles et de pompes à chaleurs trop souvent mal dimensionnées pour les périodes de froid, ont pour conséquence une sur consommation électrique, générant des périodes de pointes difficilement gérables pour les fournisseurs d’énergie. A noter d’ailleurs, que nous assistons depuis peu, à un nouveau pic, durant l’été, à cause de la multiplication des climatiseurs.

Une troisième cause rendant toute baisse de prix inimaginable pour l’avenir, est l’échec de compétitivité entre les fournisseurs d’énergie depuis l’ouverture du marché de l’électricité en 2007. Aujourd’hui le prix proposé par les producteurs d’électricité aux fournisseurs d’électricité, tel que EDF, est supérieur au prix que ces derniers peuvent pratiquer auprès des particuliers. L’équilibre est instable : la régulation du prix de vente aux particuliers de l’électricité ne peut continuer à ces conditions éternellement.

Il est donc certain, que le coût de l’électricité ne va faire qu’augmenter.

Le fioul domestique apparait, alors, comme une alternative idéale en termes économiques et ce d’autant plus, que de nouveaux types de matériels (chaudières, radiateurs, régulateurs, chauffages au sol basse température…) sont apparus, permettant de  baisser la consommation de 20 à 40%, grâce à de meilleurs rendements et à un meilleur contrôle de la quantité de chaleur nécessaire.

Mais n’y-a-t-il pas un risque que les prix du fioul s’envolent avec ceux du pétrole ?

La première réponse est pragmatique : même dans ce contexte de hausse des cours du pétrole, le fioul domestique reste très compétitif devant l’énergie électrique, vouée elle aussi à augmenter.

La deuxième est plus économique : malgré tout ce que l’on peut entendre de ci et de là, les réserves de pétroles sont loin d’être épuisées. Le peak oil, date à laquelle le renouvellement des réserves de pétroles sera inférieur à la hausse de la consommation, est sans cesse repoussé. La raison principale de la volatilité et de la hausse du prix du pétrole ces dernières années est essentiellement spéculative avec les tensions géopolitiques dans le monde et en particulier au Moyen-Orient.

La troisième raison est bien concrète : le principal avantage du fioul est que l’on peut le stocker en dehors des périodes de consommations. Il est ainsi possible de profiter des opportunités d’achats en fonction de l’évolution de son prix au cours de l’année. Ceux qui ont fait le plein au début de l’été on fait une économie de plus de 150 euros pour un plein de 1500 litres.
Dans un contexte de consommation maitrisée, le fioul est encore aujourd’hui une énergie économiquement intéressante. Mais avant tout de chose, l’énergie la moins chère étant celle que l’on ne consomme pas, la priorité numéro 1 des français doit être la réduction de leur consommation énergétique. Les conséquences seront doubles : la baisse globale de la demande avec une influence directe sur les coûts d’accès à l’énergie et surtout la baisse individuelle de leur propre consommation.