App/hinclude.html.twig

Du colza dans les chaudières au fioul : est-ce la bonne solution ?

Actualités du fioul

Publié le 10/11/2020 à 16h11 mis à jour le 10/11/2020 à 16h18

Les acteurs de la filière du fioul ont été surpris par la volonté du gouvernement d’avancer l’interdiction d’installer de nouvelles chaudières au fioul à partir de 2022. Aujourd’hui, ils espèrent un avenir dans la composition d’un biofioul à base de colza, qui pourrait alimenter les chaudières de demain.

Les acteurs de la filière du fioul comme les consommateurs de ce combustible, toujours utilisé par plus de 4 millions de ménages français, savaient que la fin des chaudières au fioul sonnerait. Toutefois, se fiant aux annonces du gouvernement à la fin de l’année 2019, ils s’attendaient à ce que l’interdiction de mettre en place de nouvelles installations n’interviendrait que dans une dizaine d’années. Ce délai devait leur permettre de s’adapter. Au mois de juillet, suite à l’annonce faite à l’issue d’un Conseil de défense écologique d’avancer cette interdiction au 1er janvier 2022, ils ont été pris de court.

La filière travaille plusieurs années à la constitution d’un biofioul à base de colza, qui pourrait remplacer le fioul domestique, celui étant issu d’un processus de raffinage du pétrole. La volonté du gouvernement d’avancer l’interdiction oblige ses principaux acteurs à accélérer cette transition.

Du biofioul à base de colza : qu’est-ce que c’est ?

Ce biofioul est un mélange de fioul domestique et d’ester méthylique d’acide gras (EMAG) issu du colza. La volonté de la filière est de pouvoir proposer un biofioul (F30) constitué de 30% d’EMAG issu du colza et de 70% de fioul domestique sur l’ensemble du territoire dès 2022.

L’idée est d’ensuite de faire évoluer ce combustible en augmentant la proportion d’extrait de colza à 50% (F50) entre 2025 et 2030, et de pouvoir pour atteindre un biofioul 100% végétal (F100) aux alentours de 2040.

Quels sont les avantages du biofioul ?

Un biofioul composé entre 20 et 30% de l’extrait de colza peut être comptable avec les chaudières existantes à condition de changer de brûleur. La combustion du biofioul émet aussi moins de CO2 que celle du fioul domestique.

Le niveau d’émission de ce combustible dépend de la part de l’extrait de colza dans sa constitution.

Le biofioul pourrait-il remplacer le fioul malgré l’interdiction ?

Il semble que l’interdiction d’installer des chaudières au fioul dès 2022 ne viserait pas un type de chaudière ou de combustible en particulier. Elle s’appliquerait à travers la fixation de nouveaux seuils d’émission de CO2 ou de consommation énergétique à ne pas dépasser. Ces derniers permettraient d’exclure les chaudières au fioul classique des possibilités s’offrant aux ménages français pour se chauffer.

Depuis l’annonce de l’interdiction, des discussions ont eu lieu entre la Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage et le ministère de la Transition écologique. Selon la Fédération, les installations de chaudières neuves conçues pour le biofioul F30 pourraient être autorisées dans la mesure où le niveau d’émission ne dépasserait pas le nouveau seuil envisagé de 250 gCO2/kWh PCI. Toujours selon la Fédération, les chauffagistes pourraient avoir le droit d’adapter les chaudières fioul existantes en changeant ou en modifiant leurs brûleurs pour qu’elles fonctionnent au biofioul F30. Cependant, aucun document officiel émanant des pouvoirs publics n’est venu confirmer ces annonces.

D’importants défis à relever

Si le biofioul est envisagé comme une alternative au fioul domestique, la filière doit encore relever certains défis. Le premier sera de s’assurer que ce biofioul sera compétitif avec les énergies de chauffage alternatives. Un des enjeux associés à la compétitivité du produit sera de s’assurer que la production de colza soit suffisante pour garantir la production à large échelle de ce nouveau combustible.

D’autre part, confédération des acteurs de la filière fioul travaillent avec les fabricants au développement d’une offre de Pompe à chaleur (PAC) hybride au biofioul, associant d’abord une PAC et une chaudière biofioul basse température, puis à terme, une PAC et une chaudière biofioul à condensation. La Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage La FF3C souhaiterait enfin l’exonération des taxes sur la part bio du biofioul. Elle demande aussi l’évolution de la réglementation qui limite aujourd’hui à 7% la part maximum de bio dans le fioul domestique.