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Conflit Iran-USA : quel impact sur le marché du pétrole ?

Actualités du fioul

Publié le 14/01/2020 à 13h55 mis à jour le 31/01/2020 à 11h32

L’élimination d’un général iranien sur ordre américain et la riposte de l’Iran contre une base militaire américaine en Irak constituent autant d’événements de nature à faire grimper les cours du pétrole. Alors, à quoi faut-il s’attendre au cours des prochaines semaines ?

Impact sur le cours du pétrole conflit USA - Iran

Suite à l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani le 3 janvier dernier et à la réplique iranienne survenue la nuit du 7 au 8 janvier, les observateurs du marché pétrolier n’ont pas manqué d’exprimer leurs inquiétudes quant à l’évolution du cours du brut. A raison, dans un premier temps.

Une augmentation logique du cours

Suite aux premiers événements survenus le 3 janvier, on a logiquement assisté à une hausse relativement importante du cours du brut (plus de 4% en moyenne). Cette hausse s’est poursuivie ales jours suivants, les investisseurs s’interrogeant sur la réaction qui serait apportée par l’Iran à l’élimination du numéro 2 de son régime.

La crainte principale était de voir l’Iran bloquer le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20% de la production mondiale de pétrole, ou de s’attaquer aux sites de production du sud de l’Irak, le pays étant le 2e plus grand producteur de pétrole au monde.

Finalement, la riposte a été relativement mesurée : l’Iran a attaqué deux bases militaires américaines situées en Irak, sans causer de victimes.

Pourquoi n’y a-t-il pas encore eu une flambée des prix ?

Même si la riposte de l’Iran n’a pas été dévastatrice, ce n’est pas ce qui explique l’augmentation limitée du cours du pétrole jusqu’à présent. A l’heure d’écrire ces lignes, le brut a en effet augmenté d’environ 5% par rapport à la veille de l’assassinat du général iranien. Ce chiffre n’est pas insignifiant, mais il n’est pas non plus comparable aux flambées des prix que nous avons pu connaître par le passé, quand d’autres conflits éclataient au Moyen-Orient. Qu’est-ce qui l’explique ?

Plusieurs raisons sont avancées par les spécialistes du secteur.

La production iranienne a déjà été fortement réduite

Les événements survenus en Iran auraient eu, en temps normal, un impact considérable sur l’offre émanant de ce pays. Or, celle-ci a déjà été fortement réduite en raison des sanctions qui frappent le pays depuis plusieurs mois. Les marchés ne se sont donc pas effrayés d’une éventuelle baisse supplémentaire de l’offre iranienne.

Offre et demande restent équilibrées

Le fait que la baisse considérable des exportations iraniennes de pétrole – ou l’immobilisation de sites de production en Arabie Saoudite – n’a pas conduit, ces derniers mois, à une hausse importante des prix, indique en outre que l’équilibre offre-demande reste correct à l’échelle globale. Ceci est dû notamment à la croissance de la production américaine de pétrole, une donnée qui n’existait pas lors des précédentes crises qui ont frappé le Moyen-Orient.

A quoi faut-il s’attendre à présent ?

Cela signifie-t-il que toute menace pour le marché du pétrole est écartée, et que les prix de ses produits dérivés comme le fioul ne vont pas grimper dans les prochaines semaines ?Même si la tendance est à la désescalade, c’est peut-être un peu tôt pour le dire. L’Iran reste au cœur d’une région stratégique pour la production de pétrole et le pays a la possibilité de mettre à mal les exportations d’un grand nombre de producteurs, notamment en bloquant le détroit d’Ormuz.

Les prochaines semaines seront donc décisives pour savoir si les prix des produits pétroliers seront impactés plus sévèrement. N’attendez pas de voir le cours du pétrole monter plus encore : commandez dès maintenant votre fioul !

Pour aller plus loin :

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