Conflit en Irak : inquiétudes sur le cours du pétrole

Publié : 26 octobre 2017 - Actualités du fioul

L’inquiétude sur la situation géopolitique tendue entre l’Irak et les Kurdes irakiens a gagné le cours du pétrole la semaine dernière faisant grimper les prix du baril sur les marchés. Point sur une situation délicate.

Conflit Irak pétrole

Irak et Kurdistan irakien : des tensions sur tous les fronts

Au nord de l’Irak, s’étend le Kurdistan irakien, région autonome kurde reconnue par la Constitution irakienne en 2005. Depuis 2014, le Kurdistan irakien souhaite obtenir son indépendance. La tenue d’un référendum est alors envisagée malgré l’opposition formelle de Bagdad et de certains pays de la communauté internationale, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et surtout la Turquie et l’Iran. Malgré tout, le référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien s’est tenu fin septembre dernier. La victoire écrasante du « oui » a semé des tensions au sein du pays d’autant que le gouvernement irakien a refusé de reconnaître la légitimité de ce scrutin.

Pour rétablir l’autorité et l’unité dans les frontières irakiennes, Bagdad a repris les zones contrôlées par les Kurdes irakiens, où de nombreuses bases pétrolières sont situées. La province de Kirkouk, qui totalise 40 % des réserves irakiennes de pétrole brut a notamment été récupérée par Bagdad, la semaine dernière. Mais les Kurdes gardent le contrôle de l’oléoduc vers la Turquie, ce qui limite l’exportation de la production pétrolière irakienne. Le stock mondial, déjà limité par l’accord entre les pays membres de l’OPEP, ne peut pas absorber la sous-production de pétrole irakien, ce qui cause une hausse des prix du pétrole.

Frayeurs sur le cours du pétrole

Les tensions géopolitiques au sein même de l’Irak ont causé des turbulences sur les marchés pétroliers. En hausse en début de semaine dernière, le cours du pétrole s’est ensuite équilibré grâce à la déclaration du gouvernement du Kurdistan irakien en faveur d’un dialogue avec Bagdad. Mais les marchés restent tendus et une nouvelle hausse du prix du pétrole a été enregistrée en fin de semaine dernière. La baisse de la production de pétrole irakien traîne en longueur, malgré la prise de Kirkouk aux mains des Kurdes irakiens.

L’exportation moyenne issue de ces zones pétrolières, majoritairement kurdes, s’élevait à 600 000 barils par jour. Depuis le début des tensions, cette exportation a été réduite à 200 000 barils par jour en moyenne. L’offre mondiale en pétrole se voit donc amputée de 400 000 barils par jour. Pour pallier à ce manque d’exploitation de l’or noir dans la province de Kirkouk, l’Irak a décidé samedi d’accroître sa production de pétrole dans le sud du pays en produisant 200 000 barils de pétrole supplémentaires par jour. Cette solution temporaire permettrait au pays de limiter les dégâts sur la production pétrolière, en attendant que la situation se stabilise. Malgré cela, le cours du pétrole est reparti à la hausse en ce début de semaine. L’incertitude est encore de mise, donc.

 

 

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