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Comment les négociations entre membres de l'OPEP influent sur le marché du pétrole ?

Actualités du fioul

Publié le 17/12/2020 à 11h33 mis à jour le 17/12/2020 à 17h34

La maîtrise de la production est une façon assez simple, pour l’OPEP, d’influencer le cours du pétrole. Toutefois, encore faut-il s’entendre entre les pays membres du cartel et ses alliés. C’est la raison pour laquelle plusieurs réunions sont prévues chaque année afin de négocier différents accords sur la production.

Negociation OPEP

L’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) est une organisation regroupant 13 pays producteurs de pétrole du monde entier. Créée en 1960, l’organisation est basée à Vienne. Elle a pour objectif principal de maîtriser la production de pétrole sur les territoires respectifs de ses membres et, ainsi, d’influencer les prix. Face au développement de la production dans certains pays non membres, l’OPEP a décidé de s’associer avec 10 autres pays lorsqu’il s’agit de limiter la production mondiale de pétrole. Cette nouvelle organisation, appelée OPEP+, intègre notamment la Russie, le Mexique ou le Soudan.

Des intérêts divergents

La difficulté, en augmentant le nombre de membres d’une organisation telle que l’OPEP, est de compliquer le processus de décision. En effet, chacun des pays membres de l’OPEP ne dispose pas des mêmes infrastructures de production, des mêmes réserves financières ou des mêmes capacités d’exportation.

Lorsqu’il s’agit de décider d’une limitation importante de la production, certains pays sont donc bien plus réticents que d’autres. De longues négociations doivent donc être menées, parfois durant plusieurs jours, afin de parvenir à un consensus. Celles-ci ont généralement lieu au cours des réunions de l’OPEP, organisées à Vienne.

La pandémie, un cas de figure exceptionnel

Le rôle de ces négociations a été particulièrement mis en lumière lors de la pandémie de Covid-19. En effet, des décisions très difficiles ont dû être prises pour faire rebondir un cours du pétrole descendu à un niveau historiquement bas. À la fin avril, le baril de Brent avait par exemple atteint la barre des 15 dollars, alors qu’il s’échangeait encore contre 70 dollars en début d’année. Cette baisse était due à l’effondrement de la demande mondiale en pétrole. Pour y remédier, il n’y avait qu’une seule solution : limiter l’offre.

Plusieurs phases intenses de négociations ont eu lieu. Tout d’abord au mois d’avril, afin de décider d’un plan de limitation de la production étalé sur plusieurs mois. Dans un premier temps, il a été décidé de réduire de 9,7 millions de barils par jour la production. Jamais une telle limitation n’avait été actée.

Ensuite, cette baisse de la production a été ramenée à 7,7 millions de barils par jour. Elle devait même être ramenée à 5,8 millions de barils par jour en janvier 2021. Toutefois, face à l’émergence d’une deuxième vague de coronavirus, de nombreux pays membres de l’OPEP estimaient qu’il était trop tôt pour augmenter la production. D’un autre côté, des pays comme la Russie ou le Mexique refusaient de continuer à fournir un effort de cette ampleur.

Au terme d’âpres négociations, reportées plusieurs fois, l’OPEP+ a finalement pu annoncer un accord le 3 décembre. La production ne sera finalement augmentée que de 500.000 barils par jour en janvier. De quoi rassurer les marchés, qui sont immédiatement repartis à la hausse…

 

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