Baisse des prix du pétrole et répercussions politiques

28 juillet 2016 - Evolution des prix du fioul

Au-delà des conséquences économiques, la baisse des prix du pétrole peut avoir des répercussions au niveau politique à moyen et long terme. Zoom sur les principaux effets de la chute de l’or noir avec Fioulmarket.

Mise en place de politiques énergétiques « vertes »

Le pétrole est encore une source centrale de produits énergétiques, et ce dans de nombreux pays. Au fil de l’Histoire, il a souvent entraîné des crises importantes à l’image des chocs pétroliers de 1973 et 1979. Ces crises ont provoqué une hausse brutale des prix du pétrole et ont eu des répercussions sur la croissance économique de nombreux pays.

Depuis 2014, c’est un contre-choc pétrolier qui se produit avec une baisse importante et fulgurante des prix du baril. S’il est vrai que la baisse des prix du pétrole profite aux ménages occidentaux qui bénéficient de produits plus abordables, elle tend également à fragiliser, voire asphyxier, les États dont l’économie est uniquement basée sur le commerce de l’or noir.

Les effets néfastes des variations extrêmes des prix du pétrole, couplés au constat de la diminution graduelle des réserves, ont conduit les pays producteurs et consommateurs à repenser petit à petit leur rapport à l’or noir. Une réflexion visant la réduction de leur dépendance énergétique s’est engagée.

Par exemple en France, cela passe notamment par la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Outre le fait de renforcer l’indépendance énergétique de la France via le développement de solutions alternatives (énergies renouvelables), cette dernière vise parallèlement à favoriser l’émergence d’emplois et à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

En Algérie, c’est le Nouveau programme national de développement des énergies renouvelables qui donne le cap. Le pays souhaite porter à 27 % la part d’électricité produite grâce à des énergies renouvelables à l’horizon 2030.

Diversification des ressources financières des pays producteurs

Pour les États producteurs de pétrole, l’heure est à la diversification des sources de revenus. La baisse prolongée des prix du pétrole est en effet une source de déficits importants et conduit à des changements politiques drastiques.

En Arabie saoudite par exemple, les dépenses en 2016 devaient se chiffrer à 224 milliards de dollars alors que les revenus ne devraient atteindre que 137 milliards. Une situation qui pousse le pays à recourir à un emprunt afin de limiter les effets de cette baisse des prix du pétrole. Afin de limiter les risques de déstabilisation futurs de son économie, le pays a opté pour un virage à 180°, à travers notamment le plan de transformation nationale proposé par le prince héritier Mohammed Ben Salmane en mai.
Il vise à réduire la dépendance du pays au pétrole en :

  • Créant diverses taxes ;
  • Mettant sur le marché 5 % de Saudi Aramco, groupe pétrolier public ;
  • Créant un fonds souverain de 2 000 milliards d’euros. 

Instabilité des régimes politiques pétroliers

La baisse des prix du pétrole peut entraîner des tensions politiques au sein des pays où le pouvoir est étroitement lié à la mainmise sur le pétrole et à la redistribution des revenus qui en découlent. L’Algérie, l’Iran, la Russie et le Venezuela font partie des principaux concernés.

Une baisse de l’importance du pétrole dans les rapports de force entre pays

D’un point de vue géopolitique, les ressources pétrolières ont une incidence importante sur les rapports entre pays. Elles sont notamment utilisées par les pays producteurs pour faire pression sur d’autres États consommateurs dans le cadre de négociations, ou dans le but de renforcer leur assise économique. C’est notamment le cas avec l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), qui depuis plus d’un an fait en sorte de maintenir les prix du baril de pétrole au plus bas afin de conserver ses parts de marché, et d’impacter la rentabilité de l’exploitation du pétrole de schiste aux États-Unis. Une stratégie qui a conduit à la fermeture de nombreux sites mais qui n’a pas totalement enrayé le développement de la filière énergétique non conventionnelle. Cette dernière est sur la bonne voie pour faire partie du paysage énergétique sur le long terme.

S’ils ont légèrement remonté au cours des derniers mois, les prix du pétrole sont loin d’avoir repris leur niveau de 2014. L’AIE, Agence internationale de l’énergie, table sur une reprise des cours normaux et un retour à l’équilibre en 2017. Affaire à suivre.

Pour aller plus loin :

Baisse du prix du pétrole : quelles causes, et comment relancer le marché ?

Baisse du prix du pétrole : des conséquences durables

Pétrole : quels sont les défis technologiques ?