Baisse du prix du pétrole : des conséquences durables

5 octobre 2015 - Actualités du fioul

Selon Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières, l’importante baisse des prix du pétrole à laquelle on assiste depuis le milieu de l’année 2014 aura des répercussions sur plusieurs années, même lorsque ces prix remonteront. Retour sur cette dégringolade du prix du baril et sur ses conséquences dans le monde entier.

Rappel : les raisons de l’importante baisse des prix du pétrole

Depuis le mois de juin 2014, le prix du pétrole ne cesse de baisser. Cette importante diminution des prix s’explique par plusieurs facteurs :

  • Le ralentissement de la croissance chinoise a engendré un recul de la consommation de pétrole dans le pays, ce qui correspond à une importante chute de la demande mondiale ;
  • La production de pétrole augmente plus rapidement que la demande, notamment en raison de la recrudescence du pétrole de schiste exploité aux États-Unis et du refus de l’Arabie Saoudite de diminuer sa production. Les États-Unis sont ainsi devenus le premier pays producteur de brut au monde.

Bon à savoir : on estime à environ 1,5 million le nombre de barils de pétrole qui sont excédentaires chaque jour sur le marché. Ainsi, ces stocks de plus en plus fournis tirent les prix vers le bas.

Les conséquences de la baisse du prix du pétrole à moyen terme

D’après Francis Duseux, président de l’UFIP, la situation actuelle du marché du pétrole aura un impact sur les 4 à 5 années à venir. Alors que les parapétroliers ont d’ores et déjà pour consigne de baisser leurs coûts de 30%, les conséquences de la baisse du prix du pétrole sur le moyen terme sont variées.

Une production mal anticipée

En raison de la baisse du prix du pétrole, les investissements dans le secteur des hydrocarbures ont diminué de 10 à 30%. Ainsi, certaines entreprises du secteur ont diminué leurs effectifs tandis que d’autres ont choisi de se détourner du marché. Le manque d’investissements aujourd’hui pourrait avoir des conséquences de taille sur la production dans un délai de 4 à 5 ans, d’autant plus que les tensions à propos des compétences et des ressources humaines dans ce secteur pourraient augmenter dans les années à venir.

Des regroupements et des restructurations

À l’heure actuelle, des mouvements de restructuration ont déjà eu lieu aux États-Unis, notamment avec les fusions Halliburton-Baker-Hugues et Schlumberger-Cameron, mais aussi en France avec le rejet de l’offre de Technip sur CGG. À l’avenir, d’autres regroupements sont attendus, même si ces regroupements devraient se produire dans une moindre mesure, car les perspectives à moyen et long termes sont plutôt positives : une hausse de la demande est en effet attendue.

 

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